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HOMMAGE DE PIERRE PRAT, MUSÉOGRAPHE DU MUSÉE MARINS & CAPITAINES, A YVON BULOT

Cher Yvon,

En écrivant ce petit texte, j’ai cherché à me rappeler la date de notre première rencontre, et je n’y parvenais pas. Sans doute, parce que j’avais l’impression de t’avoir toujours connu. Après tout, nous aurions pu nous croiser il y a bien longtemps sur ma terre natale d’Algérie, puisque tu m’avais confié être à bord d’un de ces cargos qui avaient fait le rapatriement des Français d’Algérie en 1962, dans des conditions bien difficiles.
Cette proximité entre nous tenait bien sûr au fait que nous parlions la même langue, celle de la passion pour l’histoire, le patrimoine maritime et l’aventure humaine.
À bien y réfléchir, notre rencontre doit dater de 1998, alors que j’avais en charge la réalisation de l’exposition Vannes, une ville, un port au musée de la Cohue de Vannes. Il semblait évident d’y évoquer le passé maritime prestigieux de l’île d’Arz et tu avais permis la présentation de plusieurs objets et tableaux, témoins émouvants de ce dernier. C’était, je pense, la première fois qu’ils sortaient de leur île après les longs périples maritimes qui les y avaient amenés. 
Trois ans plus tôt, tu remportais la seconde place du concours Patrimoine des Côtes de France lancé par le  Chasse-Marée, résultat d’un impressionnant travail de collecte avec une poignée de passionnés. La petite île d’Arz se trouvait grâce à toi sous les feux de la rampe.
En 2003, quand Gérard Douguet, patron de la Navix, me confiait la réalisation de Capitaine d’un jour dans le Parc du Golfe, tu as encore répondu présent. C’était toujours une fierté pour toi de représenter le passé de ton île à travers les témoignages et collections que tu avais patiemment recensés au fil des années.
Quand tu m’a appelé en 2013 pour me parler du projet de musée, alors que j’étais censé être à la retraite, je n’ai pas hésité une seconde. Je ne pouvais refuser une telle aventure et l’idée de retravailler avec toi m’enchantait. Il est vrai qu’entre-temps, tu m’avais inoculé un sacré virus, celui de l’amour de l’île, comme bien des gens qui la fréquentent trop souvent.
Mais cette idée un peu folle à laquelle tu pensais depuis bien longtemps, et initiée grâce à la volonté inébranlable de Daniel Lorcy, posait problème. Nous n’étions plus en 1994, alors que les demeures des capitaines regorgaient encore de véritables trésors. Avec la disparition inéluctable des anciens, une grande partie de ce patrimoine maritime gagnait le continent ou pire, était vendue au plus offrant. Malgré tout, avec l’obstination qu’on te connaissait, tu as repris ton bâton de pèlerin et frappé de nouveau aux portes pour convaincre les dernières familles de confier, qui une maquette, qui un compas ou un portrait de bateau. Sans toi, ce musée n’aurait évidemment jamais existé. Tu en as été l’indispensable cheville ouvrière.
Lorsqu’André Linard m’a appris ta disparition brutale, j’étais abasourdi. Je t’imaginais indestructible, de la race de ces centenaires qui défient le temps, comme un bloc de granit. Le granit, tu en avais l’apparence. À la première rencontre, on ne savait trop comment aborder l’homme taiseux qui derrière son épaisse moustache, mine de rien, examinait l’interlocuteur pour s’en faire une idée, la plupart du temps définitive !
Facile, tu ne l’étais certes pas avec tes jugements sans concessions, mais lorsque tu ouvrais ta porte, c’était pour toujours et tu faisais preuve alors d’une générosité sans limites. Je n’oublie pas ce jour où tu es venu déjeuner à la maison avec un grand carton contenant une partie de ta bibliothèque maritime pour me l’offrir. Tu avais jugé qu’elle serait là en de bonnes mains, j’imagine.
Tu t’es donné sans compter pour cette île avec laquelle tu ne formais qu’une entité. Et tu l’as fait toujours dans la discrétion, avec une modestie qui pouvait même paraître agaçante par moments tant on aurait aimé mettre un peu l’homme en valeur. Ainsi, je ne peux oublier ton effacement lors de l’inauguration du musée. J’ai cependant senti ce jour-là à quel point tu étais heureux et fier de cet aboutissement.
Quand j’ai préparé le tournage du film La mer en héritage consacré à la mémoire des capitaines et à la transmission, tout naturellement, j’ai pensé que tu y avais ta place. Peine perdue ! Tu a dû répondre à ma demande par un de ces grommellements de mécontentement qui voulaient tout dire. Les paillettes, la mise en lumière, ce n’était pas le genre de la maison !
Nul doute que si tu avais pu être présent aujourd’hui, tu n’aurais pas aimé cette cérémonie.
Pourtant, s’il n’en tenait qu’à moi, j’aurais fait plus en dédiant à ton souvenir, par exemple, une de ces charmantes petites sentes qui mènent à la mer, ton domaine de toujours.
Mais le principal, cher Yvon, c’est que ton nom reste parmi nous et surtout que tout ce travail accompli sur le patrimoine ancestral de l’île soit pérennisé et transmis aux nouvelles générations.
Souhaitons ardemment que ce soit toujours le cas et que ton esprit perdure.
Kenavo Yvon.
Pierre Prat
14 août 2019

CONFÉRENCE MAËL BULOT ET INAUGURATION PLAQUE YVON BULOT

ILE D’ARZ – MUSÉE « MARINS & CAPITAINES »
MERCREDI 14 AOUT 2019 DEUX ÉVÈNEMENTS IMPORTANTS :

CONFÉRENCE de MAEL BULOT sur « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’art contemporain …sans jamais oser le demander
ET INAUGURATION D’UNE PLAQUE A LA MÉMOIRE D’YVON BULOT

C’est devant un public très nourri, au moins 80 personnes, que Mael Bulot s’est exprimé sur l’art contemporain, tout un programme ! Toujours aussi performant, Mael a véritablement passionné le public par ses compétences. Partant de l’Olympia de Manet en 1863, il va passer par Andy Wharol pour arriver à Claude Monet et cette « impression de soleil levant » en 1872 qui donnera son nom au mouvement des impressionnistes. Mael va nous transporter ensuite de Van Goth à Sérusier puis à Cézanne et sa montagne Sainte Victoire. Il va ensuite nous faire passer du figuratif au non figuratif de Picasso à Sonia Delaunay et Kandisky. Pas toujours facile d’apprécier ces toiles non figuratives ou seuls le sentiment et le ressenti personnel comptent.
Mais Mael va nous transporter encore plus loin dans le monde du non figuratif absolu : il va nous faire découvrir Malevitch et son « carré noir » de 1915 et enfin et surtout Marcel Duchamp, sorte de pape de l’art contemporain, avec son œuvre absolue sa « fontaine-urinoir » de 1917.
Et que dire de Mondrian ou Auguste Herbin sans oublier Soulages et ses raies noires et Pollock et sa peinture « coulante » qui semble si facile à imiter… Mael n’a pas non plus oublié Dali et ses « montres molles ». Puis ce sont les peintres « modernes » : Magritte avec « ceci n’est pas une pipe » ou encore Warhol et ses boites de soupe à l’infini et enfin Roy Lichtenstein.
Mael va terminer son propos sur l’art contemporain en passant en revue Carl André et ses 144 carrés d’étain par rangées de 12… puis Buren et ses colonnes ou chaque côté mesure exactement 87 mm et enfin Seth Malland et son tableau sans titre de 1972.
Un voyage enthousiasmant qui a plongé plus d’un participant dans une réflexion parfois un peu perdue car l’art moderne ne laisse pas indifférent, questionnant chacun sur ses valeurs vis-à-vis de cet art qui déboussole un peu ou arnaque peut rimer avec art voire génie.

Puis ce fut l’inauguration d’une plaque à la mémoire d’Yvon Bulot, décédé en mars de cette année, dévoilée par son fils Mael devant près de 100 personnes. Grand moment d’émotion car Yvon a été un personnage sur l’ile d’Arz. Il a été LE collecteur du patrimoine de l’ile en collectant tableaux, maquettes, photos, films…  Déjà en 1975 il a organisé une exposition sur ce patrimoine particulier de la marine marchande où tant d’ildharais ont fait leur carrière puis ce fut une participation à Brest 96, grandissime expo sur le patrimoine maritime, l’ile d’Arz ayant remporté le deuxième prix et enfin ce fut en 2015 avec l’ouverture du musée des marins et capitaines où Yvon joua un rôle prépondérant. Cette plaque est un bel hommage rendu à un homme de cœur, fier de son ile et de son patrimoine et qui a beaucoup donné pour que tous ces trésors ne tombent pas dans l’oubli car l’ile a une histoire qui lui est propre : avoir fourni quantité de marins et de capitaines.

EXPO CHRISTIANE HUET du mardi 13 au dimanche 25 aout

Cela fait six ans que j’ai découvert la peinture. Autodidacte, ma création est tournée vers l‘imaginaire. Animée par un désir de liberté que j’ai découvert dans l’abstrait, la peinture me permet d’exprimer sans contraintes ni limites mes émotions.
Bercée par une musique interne qui m’envahit, je me laisse guider et transporter.  Dans un geste vif et précis, je superpose, accumule, gratte matières et couleurs au gré de ce qu’elles semblent vouloir dire ou taire.
Les couleurs appliquées directement sur la toile laissent apparaître différentes formes qui s’enchainent au fur et mesure de la composition de l’œuvre. Rien n’est définitif seul l’œil de la personne donnera une réalité au tableau. J’utilise de la peinture à l’huile que j’étale aux doigts, spalters, couteaux et éponges. Toutes les œuvres sont vernies.

EXPO FRANÇOIS JOUAS-POUTREL dans le hall d’entrée du musée

Pour le jeune François qui vit à Paimpol avec ses parents, tout a commencé par hasard lorsqu’il ouvre un livre trouvé dans une bibliothèque : c’est le récit héroïque d’un gardien de phare. Cette lecture enfantine décidera de sa vie. C’est la naissance d’une vocation…A 21 ans il abandonne ses études de Lettres et rentre aux Phares et Balises. D’abord gardien auxiliaire aux Triagoz (face à la baie de Lannion), aux Héaux de Bréhat puis au Grand Lejon en baie de St Brieuc, il est ensuite affecté au Phare des Roches-Douvres où il restera 21 ans…
Issu d’une famille d’artistes, il s’intéresse à l’art. Entre vie en mer et vie à terre, François dessine et peint avec une maitrise étonnante.
Un soir, dans son phare des Roches-Douvres, il feuillette quelques pages sur un peintre célèbre. Une question lui vient à l’esprit : comment cet artiste aurait-il peint son phare ?
Après un premier dessin, il en fera plus de 60 autres “à la manière de…”

Une partie de ces dessins est exposée dans notre musée.

A voir absolument…

…”